E. La mise en place du shogunat de Yoritomo
B. TOYOTOMI Hideyoshi (1537-1598)
C. TOKUGAWA Ieyasu (1542-1616)
Le nom de Minamoto a été donné dans l’histoire du Japon à des familles issues de princes impériaux qui avaient été réduites à l'état de simples sujets. La famille Minamoto dont descendaient Yoritomo et Yoshitsune occupait depuis la fin du Xe siècle des charges militaires et administratives dans les provinces du Nord et de l'Est.
En 1153, Minamoto no Yoshimoto (1123-1160), le père de Yoritomo et de Yoshitsune, se rendit à Kyoto avec ses guerriers. Il prit part aux conflits qui déchiraient la cour et en 1156, il se retrouve à soutenir l’empereur Go-Shirakawa. Ce dernier pour soutenir sa cause s’appuie principalement sur Taira no Kiyomori. Le père de Yoshitomo, Tameyoshi, prend parti pour l’ex-empereur Sutoku. Le partie de l’empereur Go-Shirakawa sort victorieux de la lutte et Yoshitomo est contraint d’exécuter son propre père qui avait été fait prisonnier. Malgré cette victoire, Yoshitomo estime qu’il n’a pas été assez récompensé par l’empereur au regard des services rendus. De plus, il pense que l’empereur a, dans l’attribution des récompenses, favorisé le chef du clan Taira, Kiyomori. Yoshitomo s’allie alors avec Fujiwara no Nobuyori pour fomenter un coup d’Etat, mais celui-ci échoue. Yoshitomo sera tué en Owari par Osada Tadamune alors qu’il se dirigeait vers le Kanto.
Yoritomo est probablement né à Tokyo. Sa mère est une Fujiwara. En 1159, il est sert comme suivant de l’empereur Nijô. A la suite de la défaite de son père, Yoritomo tente de s’enfuir vers l’Est mais il est rattrapé et ramené à la capitale. Son frère ainé est exécuté, un autre de ses frères, Tomonaga, blessé se suicide. Yoritomo devient alors l’héritier du clan Minamoto. Epargné du fait de son jeune âge, il est condamné à l'exil dans la péninsule d’Izu. Là-bas il est placé sous la garde de deux seigneurs locaux vassaux des Taira : Hôjô Tokimasa et Itô Sukechika. Durant cette exile, il bénéficie de l’aide que lui fait parvenir son ancienne nourrice. Sa famille maternelle le soutient également. Yoritomo parvint à se faire accepter des seigneurs locaux et devient amis notamment avec les frères Sasaki de puissants féodaux de l’Ômi. En 1177, il épouse même la fille de Hôjô Tokimasa, Masako.
Yoshitsune quant à lui est le neuvième fils de Minamoto no Yoshimoto et de Tokiwa Gozen Il est donc le demi-frère de Yoritomo. Il passe son enfance, élevé par des religieux près de Kyôto au Kuruma-dera. Il est alors appelé Ushiwakamaru.
A 15 ans, il s’échappe pour mener une vie errante qui le mène auprès de Fujiwara no Hidehira, puissant seigneur du Mutsu, qui le garde auprès de lui.
Au printemps 1180 le prince impérial Mochihito fait appel aux guerriers exilés du clan Minamoto pour renverser le régime des Taira. Avec l’appui de son beau-père Yorimoto entre dans la révolte. Les débuts ne sont pas brillants puisque Yoritomo est battu par Ôba Kagechika à la bataille du Mont Ishibashi. Yoritomo parvient toute fois à s’enfuir dans la province d’Awa avec l’aide du clan Miura. Yoritomo s’efforce alors de rallier les clans de la province du Kantô oriental traditionnellement fidèle aux Minamoto. Cette opération de ralliement est un succès et fort de ces nouveaux appuis, il peut entrer dans Kamakura pour y établir son quartier général. Il y gagne le titre de Kamakura-dono (seigneur de Kamakura). Les Taira envoient une armée pour l’écraser, mais Yoritomo la défait à la bataille de Fuji-gawa. Yoritomo consolide alors ses positions dans le Kantô en éradiquant les clans qui s’opposent à lui. Il met en place la fonction de samurai-dokoro (office des affaires militaires) et la confie à Wada Yoshimori du clan Miura. Le samurai-dokoro est chargé de gérer de manière efficace les vassaux des Minamoto. Yoritomo profite de cette accalmie dans les opérations militaires pour récompenser les guerriers qui l’ont aidé, renforcent par la même les liens qui l’unissent entre à ses vassaux.
Yoshitsune qui a eu vent de la révolte de son demi-frère dans le Kantô, décide de le rejoindre, ce qui est chose faite à la fin de l’automne 1180.
Dans sa lutte le seigneur de Kamakura bénéficie d’un allier politique de dans la personne de l’empereur retiré Go-Shirakawa. En effet, celui-ci sans apprécier particulièrement Yoritomo est foncièrement hostile aux Taira, il soutient donc Yoritomo dans sa lutte.
Entre 1181 et 1183 aucune entreprise militaire n’est décidée car une sécheresse suivie d’une grande famine empêche toutes opérations militaires.
En 1183 Minamoto no Yoshinaka parvient à prendre Kyoto. Cette nouvelle domination de la capitale est peu appréciée par l’empereur retiré qui fait appel à Yoritomo pour qu’il supprime Yoshinaka. En échange l’empereur retiré reconnaît par un édit le pouvoir de Yoritomo sur les provinces orientales.
En 1183, après que les effets de la grande famine se soient dissipés, Yoritomo se lance à l’attaque des Taira dans les régions centrales et dans l'ouest du pays.
Yoritomo confie la direction des opérations à deux de ses frères cadets Noriyori et Yoshitsune. En 1184, Yoshitsune est avec Noriyori à la tête d’une armée qui marche sur Kyoto que tient Minamoto no Yoshinaka. Après plusieurs batailles, Yoshinaka est finalement tué en 1184 à la bataille d’Awazu et son armée défaite. Yoshitsune et son frère doivent alors faire face à l’armée Taira qui cherche à reprendre Kyoto. La bataille d’Ichinotani est remporté notamment grâce à une manouvre décisive de Yoshitsune qui avec ses cavaliers mène une attaque surprise sur le flanc du gros de l’armée Taira. Après cette brillante victoire, il est rappelé à Kyoto. Il est alors le chef d’état-major de l’armée Minamoto.
Les opérations militaires conduites par les frères de Yoritomo s'achèvent en 1185.
Une fois à Kyoto, Yoshitsune y assure, en plus de son rôle militaire, un rôle politique notamment au travers de sa fonction de représentant de Yoritomo auprès de la Cour et de l’empereur retiré Go-Shirakawa. Ce dernier le nomme, responsable de la police. Yoshitsune s’il est un grand guerrier est un piètre politicien. Il accepte la nomination de Go-Shirakawa, sans avoir eu au préalable l’assentiment de Yoritomo, ce qui provoque la colère de ce dernier. Dans les faits, l’empereur retiré cherche à fragiliser le pouvoir de Yoritomo. Pour cela, il abuse de la crédulité de Yoshitsune et lui confère toute sorte de prérogative. Yoritomo qui n’est pas encore assez puissant pour agir de manière brutale contre son demi-frère se contente de lui retirer le commandement de l’armée contre les Taira. Le poste laissé vacant par Yoshitsune est confié à Noriyori. Mais ce dernier s’avère ne pas être à la hauteur de la tache et la campagne militaire qu’il lance en direction de l’ouest ne parvient pas à aboutir. Yoritomo se voit contraint de rappeler Yoshitsune à la tête de l’armée. Celui-ci reprend rapidement les choses en mains et au terme d’une courte campagne de deux mois il règle définitivement la question des Taira dans la région.
Il repart en campagne en 1185 sur l’ile de Shikoku avec pour objectif la base maritime des Taira à Yashima. La bataille finale a lieu à Dan-no-ura ou la flotte Taira est détruite. Le prestige de Yoshitsune est alors à son apogée. Cela ne fait que renforcer la méfiance de son demi-frère a son égard. Et lorsque Yoshitsune revient victorieux vers Kamakura on lui refuse l’entrée de la ville de Koshigoe. Yoritomo en personne ne lui donne pas le droit de faire un défilé triomphal et lui interdit l’accès à Kamakura. Yoshitsune adresse alors une lettre à son demi-frère dans laquelle il lui jure fidélité et rappel sa loyauté, mais ses efforts seront vains et il doit s’en retourner à Kyoto.
Quelques temps plus tard Yoritomo ordonne à un de ses vassaux d’attaquer Yoshitsune. C’est le début du conflit ouvert entre les deux frères. Yoshitsune trouve le soutient d’un de ses oncles Minamoto no Yukiie et de l’empereur retiré Go-Shirakawa. Malgré ces appuis important il ne parvient pas à réunir une armée et il doit abandonner Kyoto aux forces de Kamakura. Il se dirige alors vers les provinces occidentales puis cherche à gagner Kyushu, mais une tempête fait échouer son bateau sur les cotes d’Izumi. Il est alors obligé de se réfugier dans les montagnes de Yoshino.
La lutte contre son demi-frère sert de prétexte à Yoritomo pour renforcer ses pouvoirs. Il impose notamment à la cour impériale la nomination d’aristocrates qui lui sont favorables en plus d'être hostiles à l’empereur retiré. Il obtient également le droit de placer à la tête de chaque province un sôtsuibushi, qui deviendront par la suite des shungo, et des jitô, officiers domanial, dans les domaines. Les shungo et les jitô ont pour taches principales, en plus d’assurer le pouvoir de du Bakufu, la répartition des taxes entre les ayants droit ainsi qu'à la sécurité. Ces fonctions provisoires à l’origine deviendront permanentes en 1190.
Yoshitsune est ses compagnons sont traqués, son oncle Yukiie est tué. A la fin de l’année 1186 Yoshitsune se retrouve à Hiraizumi dans le nord du Japon. Il trouve refuge auprès de son ancien protecteur Fujiwara no Hidehira. Mais celui-ci meurt en 1187. Le fils de Hidehira, Fujiwara no Yasuhira, finit par céder aux pressions de Yoritomo et fait attaquer la résidence où se trouve Yoshitsune. Ce dernier est contraint de se suicider au printemps 1189.
E. La mise en place du shogunat de Yoritomo
La même année, Yoritomo attaque les provinces du nord tenues par les Fujiwara et où s’était réfugié Yoshitsune. La victoire est rapidement acquise. Désormais le Bakufu de Kamakura étant son autorité sur l’ensemble du Japon.
Plus qu'un homme de guerre, Yoritomo est un organisateur, le fondateur du gouvernement militaire, Bakufu de Kamakura. Une fois son pouvoir établi, Yoritomo reçoit de la cour le titre de shogun. Il s’efforce de se constituer un réseau vassalique en faisant des guerriers les plus influents de chaque province ses vaisseaux.
Lorsque Yoritomo meurt en 1199, les principes et les organes du Bakufu sont établis, mais la question des relations avec la cour et de la surveillance de Kyoto par les guerriers n'est pas réglée.
A. Oda Nobunaga : le précurseur
Oda Nobunaga (1534-1582) est né dans une branche collatérale de la famille Oda, famille noble, ancienne vassale du clan Shibu, établie dans le centre du Japon. Son père, Oda Nobuhide (1510-1551) est conseiller du vice gouverneur de la moitié de la province d’Owari. A la mort de son père en 1551, Nobunaga prend les armes et réussit à devenir seigneur d’Owari. Dés lors il va être amener à combattre les daimyô des provinces voisines.
L’un de ses premiers fait d’arme a lieu en 1560 lorsqu’il parvient à repousser, dans la gorge d’Okehazama, avec seulement 3 000 hommes les 25 000 hommes du daimyô de la province de Mikawa : Imagawa Yoshimoto qui est tué lors du combat. En 1562, Nobunaga s’allie avec son voisin de l’est Matsudaira Motoyasu, le futur Tokugawa Ieyasu. En 1567, il conquiert Mino au nord et transfère son château de Kiyosu à Gifu. En 1568 à la suite d’une demande Ashikaga Yoshiaki, frère du shogun, il entre dans Kyoto avec une troupe de 60 000 hommes et installe Ashikaga Yoshiaki comme shogun.
Mais les Ashikaga complotent contre Nobunaga et forme une opposition contre lui. Cette coalition regroupe Azai Nagamasa, Asakura Yoshikage, Takeda Shingen et les moines de la secte Jôdo shin-shû. En Juillet 1570 à la bataille d’Anegawa, alors que Nobunaga s’apprête à vaincre une alliance formée des clans Asakura et Azai, il doit faire face à une attaque surprise sur son flanc par l’armée des moines de la secte Tendai. En 1571, Oda Nobunaga se venge de cette attaque surprise en incendiant le sanctuaire d’Enryak-ji sur le mont Hiei et en y massacrant les moines qui s’y trouvent. L’année 1573 lui est favorable, il bat Yoshikage et Nagamasa qui se donnent la mort et récupère leurs domaines de Echizen et Ômi. De plus, Takeda Shingen meurt cette même année sans doute de vieillesse. Oda Nobunaga profite de ces événements pour mettre fin au shogunat des Ashikaga en chassant le shogun de la capitale.
En 1574 il réussit à vaincre la secte Ikkô à Nagashima où plus de 20 000 fidèles périssent, mettant par la même la main sur les provinces de Mino, Owari et Ise. En juin 1575 a lieu la bataille de Nagashino ou l’armée de Takeda Katsuyori est sévèrement battue par les armées alliées d’Oda Nobunaga et de Tokugawa Ieyasu. L’année suivante, Oda commence à faire bâtir son château d’Azuchi, non loin du lac Biwa, qu’il fit décorer de peintures par Kanô Eitoku, et qui devient en 1579 sa résidence officielle. Pour y développer la vie urbaine, il prend une série de mesures favorisant le commerce tel l’établissement d’un marché franc. Nobunaga doit aussi affronter celui qui était avec Takeda Shingen l’un des deux grands seigneur de l’Est : Uesugi Kenshin. Celui-ci meurt en 1578 sans qu’il n'y ait eu entre lui et Nobunaga de bataille décisive. Mais sa mort va provoquer de graves troubles au sein de son clan, Nobunaga va en profiter pour s’emparer des provinces de Kaga, Noto et Etchû. En 1582, il bat définitivement le clan Takeda. La même année, il quitte Azuchi pour rejoindre, dans le nord, l’armée de Toyotomi Hideyoshi qui se trouve en difficulté contre Môri Terumoto un puissant daimyô de l’ouest. L’un de ses vassaux Akechi Mitsuhide profite de la situation pour se révolter le 21 juin 1582. Il attaque Oda Nobunaga qui se repose dans le temple du Honnô-ji de la secte Nichiren à Kyoto. Acculé, blessé Oda Nobunaga se réfugie dans le fond du temple incendié. Il se suicide alors par seppuku, son cinquième fils Katsunaga meurt à ses cotés. Le soir même de la mort de son père son fils aîné se suicide.
Oda Nobunaga a souvent été décrit comme un homme froid et impitoyable. Il a par exemple fait assassiner son jeune frère Oda Nobuyuki, qu’il soupçonnait de comploter contre lui. Mais il était surtout un grand général et un homme politique accomplit. Curieux de nature il favorisa les relations avec les Portugais et autorisa la prédication du catholicisme et l’édification d’églises. Son plus grand mérite est d’avoir commencé la pacification de l’archipel, qui ne sera achevée que par Toyotomi Hideyoshi et Tokugawa Ieyasu.
B. Toyotomi Hideyoshi : le Japon unifié
Originaire de la région de Nagoya (province d’Owari) Hideyoshi est le fils de Kinoshita Yaemon, un ashigaru ou selon d’autres sources un valet du père d’Oda Nobunaga, Oda Nobuhide. Hideyoshi quitta sa famille pour servir Matsushita Mototsuna vassal du seigneur de Shizuoka, Imagawa Yoshimoto. Il revient par la suite dans sa région d’origine et devient en 1558 valet d’Oda Nobunaga. Ce dernier remarqua sa vivacité d’esprit et lui confiât peu à peu de plus en plus de responsabilités. Hideyoshi se distingua notamment par ses talents militaires. En 1573, alors qu’il est daimyô, il obtient le domaine d’Azai Nagamasa, vaincu, dans la province d’Ômi (château de Nagahama). Cette même année, il adopte un nouveau patronyme : Hashiba.
A partir de 1576 il mène une campagne de pacification dans l’ouest du Japon. En 1582 alors qu’il éprouve des difficultés à mener le siège du château de Takamatsu, possession du clan Môri dans la région du Chûgoku, il fait appelle à Nobunaga. Ce dernier est tué en route à la suite de la trahison d’un de ses généraux Akechi Mitsuhide. Dès qu’il apprend la nouvelle Hideyoshi conclut un armistice avec les Mori et va affronter Mitsuhide qui est tué à Yamazaki. Il rentra alors en concurrence avec les anciens vassaux de Nobunaga. En 1583 il bat son principal ennemi Shibata Katsuie. En 1584 il défait à Komaki puis à Nagakute les troupes coalisées d’Oda Nobuo (fils de Nobunaga) et de Tokugawa Ieyasu. Mais cette guerre étant incertaine un accord de paix est conclu avec Tokugawa Ieyasu.
En 1585 Hideyoshi est promu au titre de tiers ministre, naidaijin, puis grand rapporteur (porte parole de l’empereur), kampaku (selon d’autres sources il reçut ce titre en 1586). Cette même année il prend le patronyme de Fujiwara. En 1586 ou 1587 il reçoit le titre de ministre principal (ministre des affaires suprêmes), daijodaijin. A cette occasion la cour impériale lui donne le patronyme de Toyotomi : lui conférant ainsi une noblesse authentique. En 1587 suite à la demande d’Otomo Sôrin de Bungo, menacé par Shimazu Yoshihisa daimyô de Satsuma, Hideyoshi rentre en campagne et établit sa base militaire à Osaka.
A la fin de l’année 1587 rompant avec la politique menée par Nobunaga, il promulgue une série d’édits antichrétiens, expulsant notamment les missionnaires Jésuites et franciscains. Ce qui amènera des persécutions antichrétiennes notamment l’exécution de 26 chrétiens à Nagasaki en 1597. De 1587 à 1588 il conquit l’ile de Kyushu. A son retour, il fait construire le palais de Momoyama à Fushimi un des faubourgs de Kyoto. Il prend aussi une série de mesures pour consolider son pouvoir : confiscation des armes des paysans, katana-gari et interdiction pour eux d’en avoir, inspection cadastral et mesure du sol. Ces dernières mesures permettent de fixer les taux de redevances et d’enregistrer le montant des rentes seigneuriales. Toujours dans le domaine de l’administration seigneuriale il maintient, nomma et déplaça les daimyô. C’est ainsi que Tokugawa Ieyasu se vit déplacer de son fief. Hideyoshi conquiert en 1588 le Kantô et en 1590 le nord avec l’aide d’Ieyasu.
En 1592 pour assurer sa succession il fit nommer son fils adoptif Hidetsugu au titre de kampaku, lui-même ce faisant appeler taiko, titre honorifique des kampaku retirés. En 1592 Hideyoshi entreprit la conquête de la Corée voulant s’assurer le contrôle des mers. Cette entreprise, malgré la conquête de la péninsule et le renfort en 1596 d’un nouveau corps expéditionnaire, fut un échec car les japonais furent battus sur mer par les coréens et parce que la Chine de Ming intervint dans le conflit. En 1598 Hideyoshi ordonne, avant de mourir, le retrait des troupes.
- Tokugawa Ieasu, Musée du chateau d'Osaka. DR
C. Tokugawa Ieyasu: le Japon pacifié
Petit-fils du daimyô Matsudaira Kiyoyasu et fils ainé de Matsudaira Hirotada (1526-1549) seigneur du château d’Okazaki dans la province de Mikawa. Son père ayant été dépossédé de son fief il fut envoyé chez les Oda puis chez les Imagawa, seigneurs de Shizuoka, deux grands daimyô rivaux de l’époque.
En 1560 à la mort d’Imagawa Yoshimoto, son tuteur en titre, à la bataille d’Okehazama Ieyasu rendu à la liberté retourna en Mikawa et se fit vassal d’Oda Nobunaga. Avec l’aide de ce dernier il vaincu les Asai et les Asakura. En 1564 il réussit à vaincre la ligue de la secte Ikkô qui déstabilisait la province de Mikawa. Il s’alliât avec Takeda Shingen, daimyô de Kofu se qui lui permit de prendre le fief des Imagawa dans la province de Totomi. Vers 1566, alors qu’il vient d’être nommé par la cour gouverneur de Mikawa, il prend le patronyme de Tokugawa. Il agrandit son territoire dans les provinces de Mikawa, Tôtômi et de Suruga. En 1570 il s’installe au château de Hamamatsu. En 1572 il est battu par Takeda Shingen et ne doit sa survie qu’a la mort de celui-ci. De 1575 à 1582 il conquiert le fief des Takeda avec l’aide de Nobunaga.
A la mort de Nobunaga en 1582 il prend partit pour le fils du défunt Oda Nobukatsu ce qui l’amène à une confrontation avec Toyotomi Hideyoshi. Battu par ce dernier mais non pas vaincu, il le reconnaît comme seigneur en 1584, pour seller cette accord Ieyasu épouse Asahi-hime sœur cadette d’Hideyoshi. Il adopte dès lors un comportement loyal envers Hideyoshi, participant aux campagnes de pacification de l’est et du nord et acceptant en 1590 le déplacement de son fief dans le Kanto. Il s’installe alors dans le château d’Edo. Il ne participe pas à la campagne de Corée. Son fief qui comprend six provinces du Kantô, totalisent 2 500 000 koku de riz. Ce qui en fait le premier des cinq grands conseillers d’Hideyoshi.
A la mort de ce dernier en 1598, il fait parti du conseille de tutelle de Toyotomi Hideyori le tout jeune héritier d’Hideyoshi. La rivalité entre les différents seigneurs pour le contrôle du pouvoir débouche sur une série de conflits. En 1600 il bat les fidèles d’Hideyori, commandés par Ishida Mitsunari à la bataille de Sekigahara, il devient ainsi le maitre du Japon. En 1603 il se fait nommer seii-taishôgun (shogun) et installe son Bakufu (gouvernement militaire) à Edo. Cela lui permet de réorganiser le Japon en vu de s’assurer d’un régime stable. Il réorganise la société en la hiérarchisant, c’est ainsi par exemple que quatre catégories de daimyô sont établies.
En 1605 il fait nommer son fils Hidetada shogun et prend sa retraite. Prenant le titre d’ôgosho il continu toutefois à gouverner et à prendre les grandes décisions de sa résidence de Sumpu dans la province de Suruga. Dans la gestion intérieure du Japon il parvint à former une fortune considérable notamment en monopolisant une grande partie du commerce de Nagasaki. Son attitude vis à vis des chrétiens évolua dans un sens défavorable à ces derniers. Si avant d’être shogun il accueil favorablement les missionnaires, en 1614 il fait expulser du Japon un grand nombre de catholiques.
En 1615 il mit le siège devant Osaka et élimina le dernier héritier d’Hideyoshi. La cour impériale le nomma alors daijodaijin, ministre principal (ministre des affaires suprêmes). Suite à ces événements il promulgua deux ordonnances le Buke shohatto, codifiant le statut des daimyô et le Kinchû narabini kuge shohatto, réglementant la vie de la cour impériale. Il mourut en 1616 et fut inhumé sur le mont Kunô, puis l’année suivante sa dépouille fut transportée dans un mausolée à Nikkô dans la province de Shimotsuke.
Bibliographie:
Dictionnaire
- FREDERIC Louis, Le japon, dictionnaire et civilisation, éditions Robert Laffont, collection Bouquins, Paris, 1996. (1 470 pages)
- Ouvrage collectif sous la direction de IWAO Seiichi, IYANAGA Teiz, ISHII Susumu, Dictionnaire historique du Japon, Maisonneuve et Larose, Paris, 2002.
- Encyclopédie Universalis 2005