Quels rapports entre les samouraïs et l’art de l’Ikebana ? Aux yeux d’un Occidental, aucun. On n’a jamais vu un preux chevalier du Moyen Âge pratiquer l’arrangement floral. Et pourtant, le Japon n’est pas l’Occident : le samouraï pratique l’ikebana. Et ce n’est pas le seul lien entre l’art et la guerre au Japon. Certaines armes et armures sont de véritables œuvres d’art. De même, le guerrier pratique la poésie. On pourrait ainsi multiplier les exemples. Au Japon, la violence extrême ainsi que la sauvagerie ne sont pas antinomiques du plus grand raffinement ou même de la sensibilité la plus aigue. «Samouraïs et ikebana» a donc pour but de présenter ces deux domaines aux nombreuses imbrications que sont l’art et la guerre au Japon.
Bonne visite !
« René Grousset, très séduit, trace, dans Bilans de l’histoire, le portrait des maîtres du XVIe siècle : « poursuivant tous par la force et par la ruse une politique dynastique à longue portée, entretenant entre eux tout un système d’ambassades, de relations élégantes et d’échanges artistiques, d’espionnage aussi et de trahisons, tous entièrement dominés par la raison d’Etat. Avec cela, mécènes fastueux, grands amateurs d’art et de poésie, attachant à l’acquisition d’un kakemono ou à la composition d’un haïku la même importance qu’au gain d’une bataille. » Ce dernier trait de caractère désinvolte, attribué à la légère aux grands daimyô, est probablement destiné à évoquer l’accord des guerriers et des arts, qui représente en effet une dimension fondatrice de la médiévalité japonaise, prolongée sur divers modes bien au-delà. »
- Pascal Moatti, La fin de Muromachi, Arles, Sulliver, 1999.
"Sur la montagne
la lune l'éclaire aussi-
le voleur de fleurs"
- Kobayashi Issa
samouraisetikebana@yahoo.fr