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Spiritualité Japonaise



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- Le sanctuaire de Tôshô-gû à Nikko.DR

Le choix retenu dans cette section « spiritualité » de présenter d’une part le shinto et d’autre part le bouddhisme ne reflète pas exactement la réalité, puisque ces deux croyances ont souvent été dans l’histoire du Japon étroitement liées, de nombreux japonais croyant à la fois dans les dieux du shinto et en bouddha. C’est ainsi que l’on trouve de nombreux exemples dans le dit du prince Genji de cette dualité de croyance.

« J’ose à peine le dire, mais si Monseigneur s’est trouvé ainsi transporté, fût-ce pour peu de temps, en ces régions indignes de lui, j’en suis à me demander si, par aventure, ce ne seraient point les dieux et les bouddhas que des années durant je priais, qui, daignant prendre en pitié le vieux moine que je suis, l’auraient incité à prendre la peine, pour un temps, de séjourner céans. Voilà dix-huit ans, en effet, que j’ai mis ma foi dans le dieu Sumiyoshi. Depuis sa prime enfance, l’avenir de ma fille me préoccupait, et chaque année, au printemps et à l’automne, jamais je n’ai manqué d’aller faire mes dévotions à ce sanctuaire. Aux Six Heures du jour et de la nuit, peu m’importe mon espoir de renaître sur un Lotus, et je prie tout uniment afin que soient accomplis les hautes ambitions que je nourris pour elle. »

- Murasaki Shikibu, Le dit du Genji, trad René Sieffert, POF, 1988, t1, p 289 et 290.

« - Ce sont les dieux et les bouddhas qui la guideront dans la bonne direction ! Près d’ici est le temple de Yahata, sanctuaire du même dieu que ceux de Matsura ou de Hakozaki, à qui là-bas elle allait faire ses dévotions. A l’heure de s’éloigner de cette province-là, elle lui a fait des vœux en grand nombre. A présent que la voici revenue à la capitale, qu’elle veuille ou plus tôt annoncer au dieu que, grâce à sa protection, elle est arrivée au but ! dit-il, et il engagea donc la demoiselle à faire un pèlerinage à Yahata.
Instruit par quelqu’un qui connaissait l’état des choses en ces lieux, il s’adressa à l’un des Cinq Maîtres de ce temple, un moine de haute vertu qui avait été jadis des relations de son père et qui y vivait encore, et lui demanda de la guider dans ses dévotions.
Après celui d’ici, d’entre tous les bouddhas, celui de Hatsué fait preuve de l’efficacité la plus merveilleuse au pays du Soleil Levant, si bien que la renommée en est parvenue jusqu’en Morokoshi ; à plus forte raison, puisque c’est en notre pays, encore qu’aux confins d’une lointaine province, qu’elle a vécu toutes ces années, à notre demoiselle prodiguera-t-il ses faveurs ! se dit-il encore, et il l’incita donc à s’y rendre. »

- Murasaki Shikibu, Le dit du Genji, trad René Sieffert, POF, 1988, t1, p 456.