- Petit sanctuaire shinto dans la forêt de Kamakura. Pour en savoir plus sur Kamakura, cliquez ici.
« Le shinto n’à ni philosophie, ni code éthique, ni métaphysique ; [….] La réalité du shinto ne se trouve ni dans les livres, ni dans les rites, ni dans les commandements, mais dans le cœur national dont il est la plus haute expression d’émotion religieuse, immortel et toujours jeune. Sous toute la moisson de surface de superstitions bizarres, de mythes sans art et de magie fantastique, frémit une puissance force spirituelle, tout l’âme d’une race avec toutes ses impulsions, ses pouvoirs et ses intuitions. Celui qui voudrait savoir ce qu’et le shinto devrait apprendre à connaître cette âme mystérieuse en laquelle le sens de la beauté, le pouvoir de l’art, le fau de l’héroïsme, le magnétisme de la loyauté, l’émotion de la foi sont devenus inhérents, immanents, inconscients, instinctifs. »
- Lafcadio Hearn, Glimpses of unfamiliar Japan, pp. 87-88.
Le shinto (voie, tô, des dieux, shin) est une religion propre au Japon, elle est de type chamanique. Elle se compose essentiellement d’un ensemble de pratiques et de rites reposant sur une conception panthéiste du monde. Lorsque l’on étudie le shinto, il faut garder à l’esprit que le shinto n’est pas une religion révélée. Elle n’a ni prophète, ni fondateur, ni corps de dogmes. Par conséquent l’ensemble des croyances mises sous le nom de shinto ne sont pas restées figées dans le temps et ont évolué au cours des siècles, subissant notamment l’influence du bouddhisme.
- Les daims sont considérés dans la mythologie shintô comme les messagers des dieux. Ici un daim sur l'île Miyajima. Pour en savoir plus sur Miyajima, cliquez ici.
On sait peu de chose sur les origines, la formation, de la religion shintô jusqu’à l’avènement du bouddhisme au Japon. Diverses hypothèses ont été émises. Cette religion, ou plus exactement cet ensemble de croyances se serait élaboré à la période Yayoi. Peut-être est-il un amalgame des croyances des peuples de la période Jômon et de celles amenées par les nouveaux arrivant venus, en passant par la Corée, de Sibérie. De fait le shinto semble avoir une origine nettement altaïque.
D’autres hypothèses font état d’un culte de la nature sur lequel serait venu s’adjoindre par la suite des croyances et des divinités relatives à l’apparition d’un monde agraire (implantation de la riziculture) au II ème siècle av JC.
Ces croyances furent réunies dans un ensemble qui fut dénommé shintô pour le distinguer de la nouvelle religion importé de Corée, le bouddhisme.
Il est intéressant de noter que les textes les plus anciens relatifs au shintoïsme à savoir, le Kojiki (Notes sur les faits anciens, compilés en 712) et le Nihon shoki (Chronique du Japon, vers 720), ont été écris par des lettrés bouddhistes. Ces deux livres qui sont des récits de mythes qui illustrent l’origine du Japon et de la famille impériale et dont le personnage central est Amaterasu, la déesse symbole du soleil illuminant le ciel de sa présence. C’est d’ailleurs dans le Nihon shoki qu’a été employé pour la première fois le terme shinto pour désigner la religion indigène et la distinguer de la loi bouddhique, hotoke no minori, venue de Chine.
Le bouddhiste eu tendance à absorber certaines pratiques du shintoïsme. Il en résultat un syncrétisme shintô-bouddhique appelé shinbutsu-shûgô. Cette assimilation du shintoïsme consistait notamment en une interprétation bouddhique des divinités japonaises.
A la fin de l’époque de Kamakura (fin du XIII ème siècle) eu lieu une réaction face à cette assimilation. Elle eu pour origine la famille Watarai. Cette dernière avait la charge de servir le sanctuaire extérieur, gekû, d’Ise. La famille Watari chercha alors à élaborer une doctrine religieuse shinto, qui en ne rejetant pas complètement le bouddhisme chercha à faire dominer le shintoïsme dans le rapport shinbutsu-shûgô en posant les dieux comme essence originelle et repoussant les bouddha à une position inférieure. Cette école est connue depuis sous le nom de shintô d’Ise.
Dans la seconde moitié du XV ème siècle apparu le Yoshida shintô, développé au sanctuaire Yoshida de Kyoto. Cette école se caractérisait par la reprise d’éléments doctrinaux et rituels du taoïsme et du bouddhisme pour constituer un corps de rites à l’usage de tous les sanctuaires.
Enfin, à l’époque Edo apparu un courant favorisant la dissociation du shintoïsme et du bouddhisme. Par exemple Motoori Norinaga et Hirata Atsutane cherchèrent à restaurer un hypothétique shinto primitif, cette école fut appelée fukko-shintô. En prônant le retour à la « voie ancienne », c'est-à-dire la fidélité aux dieux de l’ancien shintô et au culte de l’empereur, le fukko-shintô jouant un rôle certain dans le mouvement de réstaurtion de Meiji.
Au début de la période Meiji le nouveau gouvernement décréta la séparation du shintô et du bouddhisme. Le shintô fut alors érigé en doctrine d’état et organisé de manière administrative et hiérarchique. Plus qu’une religion nationale, l’idée de faire du shintô une doctrine d’Etat, le plaça de fait au-dessus des autres croyances présentes dans l’archipel. Dès lors, le shintô s’imposa à tous. Ce shintô d’Etat perdura jusqu’en 1945, date à laquelle les américains imposèrent la séparation du shintô avec l’Etat.
Actuellement, le shintô est présent au Japon sous trois formes : le shintô des sanctuaires, le shintô des sectes et le shintô populaire.
- L'ile sacrée de Miyajima
« Nous avons oublié ce que nos ancêtres appelaient un bois sacré, nous avons enfermé nos croyances dans des temples de pierre et nous n’avons plus permis à la nature d’élever notre âme que par le détour de son Créateur. Mais, ici, sa grande voix faite de recueillement et de mystère chante mélancolique et profonde, angoissante pour nous, comme la voix de je ne sais quels remords. Nous avons voulu exalter par nos richesses l’ardeur de croire, et la nature humilie notre pauvreté humaine parce que, sans effort, sa voix monte plus haut. Pénétrons les voûtes d’ombre. Partout, au Japon, il se rencontre des bois sacrés. Dans la campagne, comme des taches au milieu du vert pâles des rizières, vous voyez leurs ombres noires, quelques rochers entre lesquels un escalier moussu serpente sous un manteau de pins. Le torrii, aux lignes à la fois élégantes et sévères, marque l’entrée sainte d’un lieu sacré. Ce n’est qu’un cadre de bois frustre, dont en bas les montants s’évasent, et dont en haut le faîte s’incurve et se relève légèrement aux deux extrémités. Mais sa majesté est immense. »
- F. Joüon des Longrais, Extrême-Asie, Ed. Pierre Roger, 1927.
Le shintoïsme est avant tout une attitude devant la vie qui se traduit par le respect de la nature dans sa force et sa beauté. Ses adeptes vénèrent les kami. Ceux-ci peuvent être définis comme toutes les forces qui dépassent l’Homme et la compréhension ordinaire et qui suscitent vénération et crainte. Les kami sont innombrables et se retrouvent partout incarnés dans la nature. Cela peut être les astres : soleil, lune... ; des phénomènes naturels : typhon, des lieux : montagne, rivière, des éléments de la nature : arbre, rocher ; mais aussi des êtres vivants ou morts tel les animaux sauvages. De fait le sanctuaire shintô « primitif », c’est la nature, inviolée ou reconstituée. Les kami ne sont intrinsèquement ni bon, ni mauvais, mais à l’image de la nature, leur caractère est ambigu. Les croyants cherchent donc à se préserver de leur arami-tama (« esprit de violence ») par des cérémonies appropriées.
« J’ai vu là une autre sorte d’ordre de prêtres qui adorent des idoles qui sont différentes des autres du pays. Ils ont des petites idoles placées en des tabernacles, que nul ne voit sinon en certaines fêtes ; ces idoles se tiennent dans des bois isolés, et sont très vénérées. Ils sont vêtus comme des laïcs, portent des armes comme eux, et sur la tête un bonnet rectangulaire gonflé comme un poing, avec une courroie sous la barbe, et ils soufflent dans un buccin pour réunir les gens. Ce sont de grands sorciers, et ils portent toujours des rosaires au cou, ce qui permet de les reconnaître. Ils ont des femmes qui les aident à prier ; je ne sais s’ils font plus avec elles que de la conversation. Ils n’ont pas d’autre écriture que celle du pays. Ils ne conversent pas avec d’autres gens. Ils ont des cloches comme les nôtres, de cuivre et de fer, avec des balanciers ; ils sonnent les heures comme les autres ordres. »
- Jorge Alvares, Information des choses du Japon, 1547. In Traité de Luis Frois, S.J. (1585), sur les contradictions de mœurs entre Européens et Japonais, traduit par Xavier de CASTRO et Robert SCHRIMPF et présenté par José Manuel GARCIA, Paris, ed Chandeigne, 1994.
Note : Jorge Alvares est un capitaine et marchand, il est l’auteur du premier texte sur le Japon écrit par un Européen. Ce texte a été écrit à la demande du père François Xavier (jésuite).
Kannushi est le nom donné aux prêtres des sanctuaires shintô. Ce mot est la contraction du mot kamunushi, qui signifie le « possesseur d'un kami ». Montrant par là, le pouvoir que le prêtre peut avoir sur les divinités.
A l’origine le kannushi était un oracle, représentant d’une divinité. Ce n’était pas une fonction permanente. Ce n’était qu’a l’occasion d’un culte rendu aux divinités qu’une personne était désignée comme kannushi.
A partir de l’époque Heian, la fonction de desservant de sanctuaire shintô fut institutionnalisée et instaurée de façon permanente. A l’origine les kannushi des sanctuaires étaient élu par le peuple. Puis la fonction de kannushi devin héréditaire. C’est ainsi qu’apparurent des lignées familiales (shake) qui étaient attachées à certains sanctuaires. De fait, en devenant permanente la fonction de kannushi ne correspondait plus aux personnes représentant les divinités mais celles les servant.
Les kannushi répondent à des appellations différentes selon leur place et leur fonction au sein d’un temple.
- Kannushi dans le sanctuaire d’Itsukushima à Miyajima
Hiérarchie d’un sanctuaire :
- Le gûji : Surintendant, il est au sommet de la hiérarchie du sanctuaire. Cette appellation fut jusqu'à l’époque Heian réservée aux seuls serviteurs du culte du sanctuaire d’Ise.
- Gongûji : adjoint du surintendant.
- Negi : pretre ainé.
- Gonnegi : pretre cadet.
- Shinshoku : Personnes chargées des taches subalternes lors des fêtes et des cérémonies, et en temps normal des travaux de manœuvre au service de l’administration du sanctuaire.
A l’origine la miko était une femme chamane qui agissait en tant que medium lors de certains rites et qui, soit évoquait l’esprit des défunts, soit agissait comme intermédiaire entre les kami et les humains lorsqu’elle entrait en transe. Après la réforme de l’ère Tika (VII ème siècle), les miko furent bannies des cérémonies de la cour, celle-ci étant acquise au bouddhisme, et durent officier hors de la capitale. D’autres sources apportent comme cause de l’éviction des femmes prêtresses la formation d’un état centralisé par une lignée, un clan, celui du Yamato dominé par les hommes qui évincèrent les femmes du pouvoir religieux pour se l’accaparer. En dehors de la capitale les femmes continuèrent à jouer le rôle de prêtresse. Elles officiaient alors, selon le Kojiki, associées à une aide féminine appelée saniwa. On trouve encore actuellement des femmes chamanes prédisant l’avenir et évoquant les esprits, comme les itako de la préfecture d’Amori, en générale des femmes aveugles.
De nos jours, le terme de miko désigne une jeune fille ou jeune femme qui sert dans un sanctuaire et assiste les kannushi. Elle sait aussi danser pour les kami et lors des matsuri. Elle se reconnaît à son hakama rouge et a son chemisier blanc.
« Je les ais vus faire une autre prière pour les morts et les malades, qui est ainsi : ils se réunissent à quatre ou cinq prêtres, et avec eux une vieille femme de leur ordre, dans la maison de l’idole ou ils doivent faire cette fête avec ceux qui leur ont demandé assistance, lesquels leur offrent du riz et de l’avoine et du vin et des cassies ; alors tous mangent de l’avoine et boivent du vin dans une porcelaine. Et celui qui a le soin de l’idole ouvre le tabernacle et retire un tambour, un sistre et un tablier de femme, de damas, avec un cendal [pièce de soie très légère] rouge de six ou sept coudées de long et deux de large, et aussi un épis avec vingt ou trente grelots, et la tête de l’épie a un empan de long ; puis il ferme aussitôt le tabernacle, la femme se revêt du tablier et pose le cendal sur la tête, qui tombe jusqu’au sol; alors elle prend les grelots dans la main droite, les autres frappent le tambour et le sistre, et elle danse et chante, ce à quoi ils répondent, par intervalle de demi-heure. Et alors ils recommencent à manger et à boire, et emportent les restes. Et l’une de leurs idoles est très laide et difforme, car je l’ai vue. Et ces prêtres s’appellent cho. »
- Jorge Alvares, Information des choses du Japon, 1547. In Traité de Luis Frois, S.J. (1585), sur les contradictions de mœurs entre Européens et Japonais, traduit par Xavier de CASTRO et Robert SCHRIMPF et présenté par José Manuel GARCIA, Paris, ed Chandeigne, 1994.
En temps normal les fidèles qui veulent honorer un ou des kami vont à un sanctuaire. Une fois arrivé, ils restent au dehors du sanctuaires et vénèrent les kami devant l’entrée de la résidence du kami en frappant une ou plusieurs fois dans leurs mains et en murmurant une prière ou une invocation tout en s’inclinant en signe de profond respect après avoir fait un petit présent.
Les croyants célèbrent également les divinités lors de cérémonies et de matsuri. Ces derniers sont des festivals organisés à des dates fixent au sein des sanctuaires.
Lors des cérémonies et des matsuri peuvent être exécutée des jinji-mai. Il s’agit de danses rituelles généralement exécutées par des miko tout en chantant des jinji-uta ou chants à signification religieuse.
Les deux observances essentielles du shintô sont le harai et le misogi.
Durant l’antiquité ce rite signifiait le lavement des souillures, kegare, attachés au corps ainsi que la réparation à l’encontre d’une faute perpétrée. Lorsqu’il vénère un kami, le croyant doit préserver le lieu de culte de toute souillure, (mort, sang, excréments). D’ou l’interdit par exemple de donner naissance ou de mourir sur l’ile sacrée de Miyajima.
Par la suite ce rite pris la forme d’une cérémonie shintô pratiquée devant les kami. Le rite en lui même se pratique en deux temps : soit lors d’une cérémonie d’ouverture soit lors d’une cérémonie de fermeture.
La cérémonie d’ouverture à lieu dans plusieurs circonstances : avant un culte rendu aux kamis et aux ancêtres, avant une offrande, avant de se rendre dans un sanctuaire.
La cérémonie de fermeture a lieu à la fin d’une période de deuil ou à la suite de calamités naturelles.
C’est aussi à ce rite que correspondait la grande purification, ôharae ou ô-harai, pratiquée par la cour à la fin du sixième et du douzième mois. Durant cette cérémonie une divinité était invoquée. Par sa présence la divinité effaçait les souillures commises tout au long des six derniers mois. Lors de cette cérémonie on utilisait des figurines en papiers, des amulettes en papier et du riz, ce dernier devait garantir les croyant contre les esprits malins.
Le misogi est le fait de se laver et de se purifier des impuretés corporelles qu’elles soient internes ou externes. Pour ce faire la personne pratiquant ce rites se plonge dans de l’eau ou s’en asperge le corps. Ce rituel a lieu lors de fête, matsuri, suite a une période d’interdits.
Il a pour origine mythique le rite d’ablution par l’eau marine, effectué par Izanagi no Mikoto après son retour du monde des morts, Yomi no Kuni ou il avait été chercher son épouse-sœur Izanami, pour se purifier son corps des impuretés de la mort. Ce rite, qui aurait eu lieu à l’embouchure d’une rivière en Hyûga, et décrit dans le Kojiki et dans le Nihon-shoki.
Ce rituel se pratique en bord de mer et depuis l’époque de Nara aussi dans l’eau courante des rivières. Mais l’eau marine, salé (le sel comme l’eau est un élément permettant la purification), est considérée comme purifiant mieux le corps que l’eau douce des rivières.
Actuellement ce rite se pratique par un lavement des mains, des pieds et de la bouche avec de l’eau pure. Certains s’immergent encore dans la mer ou sous une cascade.
- Shimboku dans le sanctuaire de Kasuga Taisha à Nara. Pour en savoir plus sur Nara, cliquez ici.
A l’origine il n’existait pas de bâtiments particuliers pour vénérer les kami. Ceux-ci étant supposés résider selon les mythes dans différents endroits : les plaines du ciel (takamaga-hara), l’au-delà des mer (tokoyo), l’au-delà souterrain (yomi no kuni). Il s’agit là des lieux habituels de résidences des kami. Cependant les kami descendent, le temps des rites, dans certains éléments, éléments à l’origine de la nature d’où l’absence dans le shintô primitif de sanctuaires bâtis. Encore actuellement des sanctuaires, appelés honden, sont dépourvus de bâtiments cultuels et considérèrent la montagne comme « corps de la divinité », shintai. De même, il se trouve encore dans certains sanctuaires des shimboku, arbres du dieu, qui désignent les arbres qui abritent une divinité. Il se distingue souvent par la corde de paille de riz, shimenawa, qui entoure leur tronc. Plus encore qu’un abri pour une divinité le shimboku peut être le corps, shintai, de la divinité principal d’un sanctuaire. On retrouve aussi, au centre du bâtiment principal de certains sanctuaires la survivance de cet arbre sacré au travers d’un pilier central, shin no mihashira. Ce pilier planté dans le sol et l’objet du culte en tant que support des dieux.
Par la suite, pour abriter des cérémonies des bâtiments provisoires furent construis. Ils étaient détruis une fois la cérémonie finie. Puis dans un troisième temps, les bâtiments devinrent permanents même si ils sont reconstruits régulièrement. La construction de bâtiments dans les sanctuaires est peut être aussi une conséquence de l’apparition des temples bouddhistes. En effet, face aux divinités bouddhiques vénérés dans des temples, les adeptes du shintô voulurent affirmer eux aussi le prestige de leurs dieux leurs construisirent des bâtiments où les vénérer.
On trouve souvent sur les voie ou à l’entrée des sanctuaires des torii. Ces portiques marquent l’entrée d’un espace sacrée. Leur origine reste sujette à caution. Mais leur présence est attestée dès l’époque de Nara. Si il y a différents types de torri, leur forme générale est toujours la même : deux piliers réunis par deux poutres horizontales.
- Torii du sanctuaire extérieur d'Ise le Toyouke Daijingû. Pour en savoir plus sur Ise, cliquez ici.
Les sanctuaires shintô ont une dénomination qui a évolué au cours du temps. Les plus anciens termes utilisés pour désigner les lieux sacrés sont ceux de mori, yashiro, hokora. De nos jours, leur appellation varie selon leur importance dans la hiérarchie des sanctuaires, du plus important au plus courant on a :
- Jingû (ou gû)
- Taisha (ou ô-yashiro)
- Jinja (ou miya, sha)
A l’époque Heian (794-1185), 2 861 sanctuaires ont été recensés, dont 492 de grande importance. Cette profusion de sanctuaires dans tout le Japon, donna naissance à différents styles architecturaux souvent locaux. On peu distinguer 11 styles différents dans l’architecture des sanctuaires:
1) Le style taisha, avec une entrée, précédée d’un escalier, sur le coté du pignon. C’est la forme la plus primitive d’entrée sur pignon. Comme par exemple le bâtiment principal du grand sanctuaire à Izumo. Cette architecture reproduirait l’habitation des chefs de tribu de l’époque prébouddhique.
2) Le style shimmei ou shinmei-zukuri, avec entrée par le milieu d’un des grands cotés. Le toit est de style kirizuma. Comme par exemple à Ise. L’origine de ce style se trouverait dans l’architecture des renier à grains préhistorique.
3) Le style otori ou Ôtori, forme évoluée du taisha avec entrée au centre du pignon. Par exemple le bâtiment principal de sanctuaire Ôtori.
4) Le style sumiyoshi ou Sumiyoshi, est selon les sources soit dérivé du style otori, soit un style n » d’une filiation distincte. Comme par exemple à Sumiyoshi.
5) Le style kasuga ou Kasuga, avec un toit style kirizuma. Un auvent au-dessus de l’entrée sur le pignon a été ajouté ce qui donne au toit sa courbure. Comme par exemple au Kasuga.
6) Le style nagare, avec des toits incurvées, dans le style shimmei, et entrée protégée par une extension du toit. Par exemple le bâtiment principal du sanctuaire Kamo-mioya.
7) Le style hachiman ou Hachiman est constitué par deux salles accolées par le bord de leur toiture incurvée. Par exemple le bâtiment principal du sanctuaire Usa Hachiman-gû.
8) Le style hie, ou hiyoshi, shôtai, avec toits prolongées sur les pignons et la façade. Une courbure est ajoutée au toit de style shimmei. Par exemple le bâtiment principal du sanctuaire Hie.
9) Le style gion ou Gion, comprenant deux salles (bâtiment principal et salle de prière) réunies sous un même toit.
10) Le style gongen, structure en forme de H, comprenant une petite selle réunissant le honden (salle principale) et la salle des prières. Par exemple le sanctuaire Tôshôgû de Nikkô.
11) Le style yatsumune, plus rare, composé par des toitures multiples (5 ou 7), comme le bâtiment principal du sanctuaire de Kitano.
+ Liens
- Un lexique des termes shintô très bien fait :
http://www2.kokugakuin.ac.jp/ijcc/wp/bts/index.html
- Prière de purification :
http://www.onmyodo.fr/shinto/files/02168494a3d1fd60497678b8aae3739d-9.html
- Page sur le sanctuaire d’Ise :
http://www.partiraujapon.com/carnetvoyage/partir_au_japon_ise.html
Bibliographie:
Dictionnaire
- FREDERIC Louis , Le japon,
dictionnaire et civilisation, Paris, éditions Robert
Laffont, collection Bouquins, 1996. (1 470 pages)
- Sous la direction de Berque Augustin, Dictionnaire de la civilisation japonaise, Paris, Hazan, 1994.
- Ouvrage collectif sous la direction de IWAO Seiichi, IYANAGA Teiz, ISHII Susumu,
Dictionnaire historique du Japon, Paris, Maisonneuve et Larose, 2002.
Livres
- ELISEEFF Danielle et Vadim, La civilisation japonaise, Paris, Arthaud, 1974.
- Traité de Luis Frois, S.J. (1585), sur les contradictions de mœurs entre Européens et Japonais, traduit par Xavier de CASTRO et Robert SCHRIMPF et présenté par José Manuel GARCIA, Paris, ed Chandeigne, 1994.
- F. Joüon des Longrais, Extrême-Asie, Ed. Pierre Roger, 1927.
Article
- SIEFFERT René, "Shintô", Encyclopaedia Universalis 2005.